Publié le 27 Juin 2025

Dans son dernier rapport, l’ANSES dresse un état des lieux préoccupant des polluants présents dans l’air intérieur des bâtiments professionnels. Au-delà des sources classiques de pollution, l’agence alerte en effet sur une exposition chronique et souvent silencieuse à des substances à effet cumulatif, notamment dans les locaux anciens mal ventilés ou mal entretenus. Cette analyse, fondée sur des données collectées dans divers bâtiments tertiaires, met ainsi en avant les risques persistants liés à l’amiante, au plomb et aux poussières. Elle souligne également les angles morts de la réglementation actuelle.
Longtemps utilisé pour ses qualités d’isolant, l’amiante n’a jamais disparu des lieux de travail malgré les interdictions. Faux plafonds, cloisons, conduits techniques… autant de sources d’émission ponctuelle, en cas de vibration, de fissuration ou de micro-intervention. Le rapport relève que dans plusieurs configurations observées, l’amiante reste accessible, même sans travaux, et que les niveaux d’empoussièrement dépassent parfois les seuils réglementaires.
Peintures anciennes, réseaux vétustes, poussières accumulées : le plomb continue de circuler dans de nombreux établissements. En particulier dans les bâtiments construits avant 1949. Certains locaux fermés ou peu fréquentés, comme les archives ou les caves, présentent encore des concentrations mesurables. L’étude montre que l’exposition, bien que diffuse, peut devenir significative dans les cas d’entretien courant, de perçage ou de nettoyage intensif. Or, ces activités ne déclenchent pas systématiquement de diagnostics.
Les dépôts de poussières fines sont omniprésents dans les bâtiments professionnels, en particulier dans les conduits, les zones de stockage et les recoins difficiles d’accès. Leur composition varie selon les matériaux, l’activité exercée et l’ancienneté des installations. Le rapport souligne ainsi que l’accumulation de ces particules peut nuire à la santé respiratoire des occupants sur le long terme. Sans pour autant faire l’objet d’une surveillance régulière. Une vigilance encore trop ponctuelle
L’ANSES recommande de dépasser les logiques d’intervention ponctuelle au profit d’une stratégie globale de surveillance des polluants intérieurs. Le rôle du diagnostiqueur devient ici central : non plus seulement dans le cadre de travaux, mais en prévention des risques d’exposition chronique. Il s’agit aussi d’intégrer ces paramètres dans les politiques de santé au travail, les évaluations de risque, et les programmes d’entretien des bâtiments.