Publié le 26 Novembre 2025

Une question écrite, déposée au Sénat, interroge à nouveau sur la capacité du DPE à refléter fidèlement la réalité énergétique des logements. Aujourd’hui, le DPE repose en effet sur une estimation conventionnelle, complétée par une fiche informative destinée à expliquer les éventuels écarts entre les dépenses calculées et celles réellement constatées par les occupants. Mais aucune obligation n’impose, à ce jour, d’intégrer directement dans le diagnostic les consommations réelles lorsque celles-ci sont disponibles. Ce qui crée un angle mort relevé avec insistance par la sénatrice.
Pour les ménages, l’enjeu est concret. Un DPE peut effectivement afficher une estimation théorique en totale déconnexion avec la facture réelle d’un occupant précédent. Les comportements individuels (usage du chauffage, qualité de l’isolation ou équipements installés) influencent fortement la consommation. Sans données réelles, l’acheteur ou le locataire ne disposent donc que d’une vision partielle de la performance du logement. Cette limite réduit alors la portée du DPE comme outil d’aide à la décision. Elle peut également nourrir des incompréhensions. Voire une forme de défiance, notamment dans un contexte où les classes énergétiques conditionnent l’accès à la location ou aux aides publiques.
L’intégration des consommations mesurées permettrait de valoriser les logements sobrement utilisés et d’identifier plus précisément ceux nécessitant une rénovation. Une telle évolution améliorerait alors aussi la cohérence entre politique énergétique, dispositifs fiscaux et obligations réglementaires. Elle renforcerait enfin la lisibilité du marché, en offrant des repères plus fiables sur les charges futures.
Le ministère de la Transition écologique doit désormais préciser s’il compte modifier le cadre réglementaire afin de rendre obligatoire la mention des consommations réelles dans le DPE lorsqu’elles peuvent être fournies. Cette décision pourrait marquer un tournant important dans la fiabilisation du dispositif. Et contribuer à redonner confiance dans un outil devenu central pour la transition énergétique.